2015


 

Larmes n’a rien à voir avec un événement célébrant le passé, comme le sauvetage de vestiges en péril. L’idée est plutôt de redonner vie au patrimoine et l’actualiser.
Il en émerge non pas la vision fragmentaire d’une architecture devenue vestige mais bien les prémices ou les instances d’un art de bâtir. L’installation réalisée à partir de fils en coton plâtrés épouse les lois de cet espace architectural. Les coulures de plâtre chutent, en référence au toit jadis effondré de l’Église Sainte-Marie. Le plâtre par recouvrement des fils déploie un ensemble de lignes jouant, répétant des courbes, des formes en arceaux. Ces textures de dentelle laissent passer les mouvements de l’air, sont contraires à la dureté même de l’arche.
Larmes positionnée à droite dans la nef, en symétrie à l’ogive restée de l’abside gauche, dialogue avec l’architecture, ravive la dimension patrimoniale et sacrée du site.
Frédérique Nalbandian sonde la résistance des matériaux. Les fils plâtrés sont dans sa pratique de l’in-situ un art de la construction qui intègre dans son principe même, autant la solidité que tout ce qui lui est diamétralement opposé.

 

Larmes
In situ
fils plâtrés, métal
Église sainte-Marie Puyloubier
2015
© Frédérique Nalbandian/ADAGP